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Comment Reworld Media a transformé le site d’Auto Journal en un site 100% GEO friendly
Pendant que le marché débat encore de la réalité du GEO et de cette question qui hante la nuit de bien des experts (peut-on réellement influencer le référencement d’un site Web dans les assistants conversationnels), l’un des leaders de la presse digitale, Reworld Media, a choisi de tester le sujet à l’échelle d’un site entier.
Le groupe a retenu le site d’Auto Journal pour mener une expérimentation grandeur nature avec un objectif simple : vérifier s’il est possible d’augmenter rapidement la présence d’un média dans les assistants conversationnels, en retravaillant l’ensemble de ses contenus et une partie de sa couche technique.
Le choix d’Auto Journal n’a rien d’un hasard, explique Jérémy Parola, directeur des activités digitales de Reworld Media. “L’automobile fait partie des univers où nous avons le plus de demandes d’annonceurs pour optimiser leur présence dans les assistants conversationnels.”
Le groupe disposait par ailleurs de plusieurs marques sur cette verticale et souhaitait démarrer avec un site intermédiaire : suffisamment structurant pour produire des résultats exploitables, sans mobiliser d’emblée son actif le plus stratégique. C’était le cas d’Auto Journal.
Un site d’autant plus indiqué qu’il présentait une autorité encore limitée dans les environnements IA. “L’objectif était de partir d’un niveau relativement bas afin de mesurer de manière claire et isolée l’impact des optimisations mises en place”, explique Jérémy Parola.
Le chantier a reposé d’abord sur le contenu. Le dirigeant explique que 90% du travail a porté sur la transformation éditoriale des pages. “Nous avons développé un outil propriétaire capable d’analyser les contenus existants et de générer automatiquement plusieurs briques destinées à rendre les articles plus facilement exploitables par les LLM.”
Trois formats ont été privilégiés : des résumés en bullet points, des FAQ construites à partir des sujets principaux des articles et des tableaux comparatifs quand le sujet s’y prêtait. L’objectif n’était donc pas de réécrire les articles de A à Z mais plutôt de les agrémenter de contenus facilement ingérables par les IA.
Le process a d’ailleurs été largement automatisé. Une première couche d’IA proposait les enrichissements. Une seconde venait contrôler les incohérences éventuelles, par exemple des réponses incomplètes ou des tableaux peu pertinents. L’intervention humaine se faisait ensuite par échantillonnage, pour vérifier la qualité des injections avant déploiement. Une fois validés, ces nouveaux blocs ont été insérés automatiquement dans les pages via un plugin WordPress développé en interne.
Jérémy Parola indique que la mécanique de transformation elle-même a pris environ 48 heures, mais que le projet a été étalé sur deux semaines pour laisser le temps d’affiner les prompts, de contrôler les résultats et de sécuriser l’automatisation.
À ce travail sur le contenu s’est ajouté un volet technique plus limité, mais jugé important. Jérémy Parola mentionne notamment “des optimisations spécifiques à Bing, ainsi que l’injection de sitemaps dédiés à ChatGPT.”
Le point est intéressant, car il montre que la logique GEO ne se limite pas à un habillage éditorial : elle suppose aussi de tenir compte des portes d’entrée et des logiques d’indexation propres aux différents environnements IA. Sur ce terrain, Jérémy Parola estime que “le positionnement sur Bing peut devenir important, au moins pour les environnements liés à Copilot et, dans certains cas, à ChatGPT.”
Les crawls utiles plutôt que les taux de mentions comme KPI
A noter que, pour mesurer les effets du test, Reworld Media n’a pas été jusqu’à analyser l’impact sur le trafic ou même le taux de mention dans les assistants. C’est le volume de crawl utile, soit le nombre de fois que les robots des assistants conversationnels passent sur des URL du site, qui a été retenu comme juge de paix. “Il a été multiplié par plus de 10”, chiffre Jérémy Parola.
Pour Reworld, cet indicateur est clé car il permet d’évaluer la capacité d’un site à intégrer le cercle des sources effectivement mobilisées par les IA. Il constitue aussi le signal le plus fiable, à en croire Jérémy Parola, tant que les assistants ne proposent pas d’équivalent à une search console (seul Microsoft Copilot le fait).
“Il s’agit du seul indicateur réellement déterministe puisque nous trackons nous-mêmes cette donnée.” Il s’agit aussi d’un indicateur plutôt représentatif puisque dans un secteur où de nombreux acteurs bloquent par défaut les robots des LLM, “être crawlé revient souvent, dans les faits, à être cité.”
Le groupe observe aussi que les effets peuvent être rapides. “Entre 48 et 72 heures”, chiffre Jérémy Parola, ce qui tend à montrer que la prise en compte des optimisations ne dépend pas uniquement de cycles lents d’entraînement des modèles.
Au-delà du déploiement initial, Reworld inscrit le GEO dans une logique de travail continu. Les pages peu ou mal crawlées sont régulièrement réanalysées via les logs serveur, puis réoptimisées avec de nouvelles propositions de contenu afin d’améliorer progressivement leur exposition dans les LLM.
En revanche, cette progression ne se traduit pas encore mécaniquement par une hausse significative du trafic. Reworld indique que les visites en provenance des LLM restent marginales à l’échelle du groupe, autour de 2 à 3% du trafic. Le GEO n’est donc pas encore, à ce stade, un levier d’audience massif (bon on s’en doutait un peu).
En revanche, le test renforce une autre conviction : la valeur du GEO se joue aussi dans la capacité à faire reconnaître un plus grand nombre d’URLs par les IA. Pour Reworld, cet élargissement du stock de pages connues et utilisées par les LLM a une portée commerciale directe. Il permet de crédibiliser un discours marché autour de la visibilité des marques dans les IA génératives et d’envisager, à terme, des offres monétisables autour de ces environnements.
Autre enseignement, les comportements diffèrent fortement d’un LLM à l’autre. Jérémy Parola explique que les parts de voix et les classements obtenus sur une même requête varient beaucoup selon les plateformes, avec un niveau de recouvrement limité (à peine 20% d’overlap).
Dans ce contexte, le groupe suit en priorité quatre environnements : Gemini, ChatGPT, Perplexity et Copilot. La hiérarchie en volume n’est pas homogène, mais la demande des annonceurs conduit à couvrir l’ensemble de ce quatuor.
Pas d’impact négatif sur le SEO
Enfin, Reworld affirme que cette transformation n’a pas eu d’effet négatif sur le SEO classique. L’ajout de FAQ, de tableaux et de résumés n’aurait pas dégradé les performances organiques. Au contraire, Jérémy Parola souligne que “le temps passé sur page a plutôt progressé, les contenus étant devenus plus lisibles et plus rapidement compréhensibles.”
Dans la continuité de ce test, Reworld Media prévoit de déployer progressivement cette approche sur d’autres sites du groupe. La priorité devrait être donnée aux contenus “froids” (recettes, santé, immobilier), jugés plus compatibles avec les logiques de requêtes des LLM et déjà fortement sollicités par ces environnements.