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Exclu : Meta ajoute 3% de frais liés à la taxe Gafa sur les budgets publicitaires dès mai 2026
On se demandait depuis plusieurs mois si Meta allait suivre la même trajectoire que d’autres plateformes, en répercutant la taxe sur les services numériques sur ses clients en France. La réponse est désormais claire. Le groupe a indiqué à ses annonceurs que des frais additionnels de 3% seront appliqués aux investissements publicitaires à partir de mai 2026, afin de couvrir le coût de cette fiscalité.
Dans les communications adressées aux acheteurs médias (annonceurs et agences), la maison mère de Facebook, Instagram et Messenger explique que cette surtaxe vise à compenser les coûts liés à la taxe française sur les services numériques (DST), souvent appelée “taxe Gafa”.
Une taxe créée pour mieux imposer les géants du numérique
Pour rappel, la taxe sur les services numériques a été adoptée par le Parlement français en 2019. Son objectif : corriger les stratégies d’optimisation fiscale des grandes entreprises technologiques qui localisent une partie importante de leurs revenus européens dans des juridictions fiscalement plus favorables comme l’Irlande ou le Luxembourg.
Le dispositif vise les entreprises réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial dans les activités numériques, dont au moins 25 millions en France. Une trentaine d’acteurs entrent dans ce périmètre, parmi lesquels les grands groupes technologiques américains.
Une pratique déjà répandue chez les plateformes
La décision de Meta s’inscrit dans une logique déjà observée chez plusieurs géants du numérique. En 2021, Google avait annoncé l’application de frais supplémentaires pour couvrir la taxe sur les services numériques sur certaines dépenses réalisées via Google Ads en France et en Espagne.
D’autres entreprises avaient pris des mesures comparables. Amazon avait ainsi augmenté les commissions prélevées sur les vendeurs de sa marketplace française, tandis qu’Apple avait intégré cette taxe dans la répartition des revenus générés via l’App Store.
Un coût supplémentaire pour les annonceurs
Dans les faits, cette mécanique revient à transférer le coût de la taxe vers les annonceurs qui utilisent les plateformes publicitaires. Qu’il s’agisse des petits et moyens annonceurs, qui opèrent eux-mêmes les campagnes, ou des plus gros, qui passent par des agences dédiées, puisque ces dernières répercuteront immanquablement cette hausse sur leur facture (comme elles l’ont fait avec Google).
Pour les marques et les agences, cela se traduit par une hausse mécanique du coût d’achat média, dans un contexte où la pression inflationniste sur les CPM et les CPC est déjà forte.
Même si le pourcentage peut sembler limité, l’impact devient significatif pour les grands annonceurs qui investissent plusieurs millions d’euros par an sur les plateformes sociales. Même si cet impact n’est, vu la puissance de Google, Meta et Amazon, pour autant pas de nature à les inciter à aller voir ailleurs.
Cela pourrait changer si le taux de la taxe venait à évoluer. Plusieurs amendements ont proposé de porter la taxe entre 5% et… 15%. Un doublement à 6% a même été voté à l’Assemblée dans le cadre du budget 2026, mais l’instabilité du processus budgétaire laisse pour l’instant le taux inchangé à 3%. Pour l’instant…