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Leboncoin déploie la solution SDK-less de Hubvisor pour mieux valoriser son inventaire in-app
C’est, à l’échelle du royaume applicatif, une petite révolution. Leboncoin, l’éditeur de l’une des applications les plus utilisées en France, vient de déployer la solution SDK-less de Hubvisor, pour mieux valoriser son inventaire in-app.
C’est une petite révolution car l’intégration de tout partenaire technologique, quel qu’il soit (monétisation ou autre), repose historiquement sur un SDK qu’il faut intégrer à son application. Le problème : ces SDK imposent des déploiements lourds et des cycles de maintenance complexes.
Chaque évolution - ajout d’un nouveau format publicitaire, modification du rendering ou simple ajustement technique - nécessite une mise à jour de l’application et de nouvelles validations auprès d’Apple et Google.Sans compter que l’empilement des SDK alourdit progressivement les applications et complexifie la gestion des performances, de la latence ou encore des timeouts.
Derrière cette évolution technique se cache un enjeu business majeur : 70% des visites du Boncoin proviennent de l’application, mais celle-ci ne génère “que” 50% des revenus publicitaires du groupe.
“Historiquement, l’in-app a toujours été plus difficile à monétiser que le Web. Entre les contraintes techniques, le nombre plus limité de formats publicitaires et une concurrence encore imparfaite sur certains inventaires, il existe un décalage entre le poids de l’application dans les usages et sa contribution aux revenus publicitaires”, explique Insaf Ben Messaoud, head of programmatic chez Leboncoin Publicité. Une sous-monétisation à laquelle Hubvisor entendait donc remédier.
“Notre approche consiste à déplacer une grande partie de l’intelligence côté serveur, plutôt qu’au sein de l’application elle-même”, résume Sylvain Travers, fondateur d’Hubvisor. Concrètement, l’intégration repose sur un “simple” appel HTTP vers la plateforme Hubvisor, sans SDK additionnel à embarquer dans l’application.
“S'il y a déjà un SDK en place, comme celui de prebid par exemple, rien ne nous empêche de nous intégrer en plus pour accroître la compétition”
Cette approche présente deux avantages immédiats : elle évite d’alourdir les cycles de développement liés aux SDK publicitaires et reste compatible avec des architectures applicatives complexes, y compris lorsqu’elles intègrent déjà plusieurs briques de monétisation. “S'il y a déjà un SDK en place, comme celui de prebid par exemple, rien ne nous empêche de nous intégrer en plus pour accroître la compétition”, illustre Sylvain Travers.
Le dirigeant préfère rester discret sur certains aspects de l’architecture, mais souligne que l’essentiel de la logique technique - interrogation des SSP, rendering, player vidéo, récupération des signaux, gestion des templates - est opéré côté serveur.
L’un des principaux enjeux consiste, dans cette optique, à fiabiliser les échanges server-to-server avec les différents partenaires programmatiques. “Nous avons passé plusieurs mois à optimiser les échanges avec les SSP pour améliorer la qualité des bid requests et la remontée des signaux là où beaucoup d’acteurs de la monétisation applicative s’arrêtent à un tronc commun fonctionnel, déployé partout, sans forcément creuser davantage”, explique Sylvain Travers.
Un enjeu important, car dans les environnements applicatifs, les informations remontent souvent de manière incomplète selon les devices, les CMP ou les configurations techniques des éditeurs. Résultat : des ad requests moins qualifiées et donc moins valorisées par les acheteurs.
“L’amélioration de la qualité des signaux transmis constitue l’un des principaux leviers derrière la hausse de revenus que nous avons pu observer suite au déploiement de la solution”, témoigne Insaf Ben Messaoud.
La qualité des signaux n’est toutefois qu’un des leviers mis en avant par les équipes. Selon elles, l’approche permet également :
une meilleure mise en concurrence des partenaires programmatiques
une plus grande flexibilité sur les formats
une réduction des problématiques de latence et de timeout.
Hubvisor a, par exemple, développé son propre player vidéo pour éviter tout couac d’affichage lorsqu’un SSP pousse de la vidéo sur le format interstitiel. “Sans player propriétaire, les SSP préfèrent généralement se cantonner au display classique”, explique Sylvain Travers. Un peu dommage quand on sait que l’interstitiel représente 50% des revenus pubs in-app de Leboncoin.
Cette approche permet également d’ouvrir davantage de tailles et de formats publicitaires, là où les intégrations traditionnelles se limitent souvent à quelques standards. La solution couvre aujourd’hui les formats display et vidéo outstream. “Nous espérons lui intégrer le format natif très prochainement”, précise Insaf Ben Messaoud.
Un uplift de 23 % sur les revenus programmatiques in-app hors Google
Les équipes revendiquent un uplift de +23 % sur les revenus programmatiques in-app hors Google. “Dans un contexte où l’Open Web souffre terriblement et aura du mal à inverser la tendance, l’application reste un des derniers bastions de croissance, avec des audiences fortes et des usages qui continuent de progresser”, observe Sylvain Travers.
Dans un contexte où l’Open Web souffre terriblement et aura du mal à inverser la tendance, l’application reste un des derniers bastions de croissance
Hubvisor estime également que ces environnements pourraient progressivement attirer davantage de budgets vidéo et sociaux grâce à des formats plein écran offrant des niveaux d’attention élevés. Selon les deux entreprises, cette dynamique pourrait permettre aux éditeurs de renouer avec des rythmes de croissance plus soutenus sur les années à venir.
“Grâce à l’accompagnement des équipes Hubvisor et aux optimisations déployées continuellement, nous avons réussi à instaurer une compétition dont les bénéfices devraient se ressentir au-delà de l’effet migration”, prévoit Insaf Ben Messaoud.
Côté Hubvisor, l’objectif est désormais de déployer cette technologie chez davantage d’éditeurs et de l’étendre à de nouveaux environnements. “Nous sommes en discussion avec la plupart de nos clients éditeurs à ce sujet”, précise Sylvain Travers.
L’adtech française estime notamment que cette architecture pourrait progressivement être adaptée à des environnements comme l’audio digital, la CTV ou certains formats immersifs, où les approches client-side montrent déjà certaines limites en matière de performance, de flexibilité et de maintenance.…