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Commerce agentique : Lemrock lève 7 millions de dollars pour connecter les marques aux IA conversationnelles
Permettre aux marques d’apparaître et vendre dans les IA conversationnelles. Telle est la promesse de Lemrock, start-up française qui vient d’annoncer une levée de fonds de 7 millions de dollars.
“On pressent que l’expérience d’achat va progressivement se déporter des sites e-commerce vers les interfaces des IA conversationnelles. Raison pour laquelle nous voulons aider les marques à devenir visibles au sein de ces dernières”, résume la CEO de Lemrock, Roxane Laigle.
On ne parle, ici, pas d’optimiser le nombre de citations d’une marque A au sein des réponses d’une IA. Une promesse connue aujourd’hui sous le nom de GEO (generative engine optimization), dans laquelle se sont engouffrées nombre de technos, agences et mêmes régies publishers.
Non, il s’agit plutôt de bâtir une infrastructure technologique pour permettre aux e-commerçants (distributeurs ou sites DtoC) de se mettre à l’heure du commerce agentique. Qu’il s’agisse de développer une application au sein de ChatGPT, comme l’a fait Lemrock pour une dizaine d’entre eux ou de connecter leur catalogue produit à ces assistants IA, via un serveur MCP (pour exposer le prix et les disponibilités de leurs produits en temps réel).
“Tout cela requiert une stack technique complexe que les équipes internes n'ont ni le temps, ni l'expertise, ni les ressources pour construire”, poursuit Roxane Laigle.
Lemrock veut donc servir de passerelle entre, d’un côté, les marques qu’elle accompagne et, de l’autre, les plateformes conversationnelles au sein desquelles elle est intégrée via une série d’emplacements publicitaires qui vont du carrousel ads à l’annonce texte, en passant par la question sponsorisée.
“Nous portons un modèle en self-service, facturé à la performance”, précise Roxane Laigle. La marque paramètre sa campagne au sein de la plateforme : les assistants qu’elle souhaite cibler, son budget, ses objectifs de campagne et les moments de vie qu’elle veut cibler. Lemrock achète la publicité au sein de son écosystème de LLM partenaires et marge sur l’atteinte des objectifs que lui donnent ses clients.
Un modèle économique qui fait forcément penser à celui d’un Criteo, à sa belle époque, et qui explique sans doute pourquoi le tour de table est mené par Galion.exe, dont le représentant sera Jean-Baptiste Rudelle, le fondateur de Criteo, qui rejoint également le conseil d’administration de Lemrock.
S’il y a définitivement moins de concurrence que dans le GEO, ils sont quelques-uns à vouloir aider les marques à se positionner au sein des assistants, tout en offrant à ces derniers une infrastructure de monétisation.
C’est le cas de Koah, qui vient de lever 20 millions de dollars pour devenir l’AdSense de l’IA. Une dizaine de technologies de ce genre ont vu le jour au cours des derniers mois. Des technologies auxquelles il faut aussi ajouter les adtech historiques, qu’il s’agisse des SSP qui, comme C Wire, rajoutent cette brique à leur offre actuelle ou de… Criteo, qui est le premier partenaire publicitaire de ChatGPT.
Beaucoup de candidats donc et peut-être pas tant d’opportunités que cela puisque s’il y a effectivement beaucoup d’assistants IA, le marché reste concentré dans les mains d’une poignée de gros.
Citons Gemini (Google) et Alexa (Amazon) qui n’auront, vu le pedigree de leur maison mère, aucun souci à développer tout cela en interne, ChatGPT qui, comme évoqué plus haut, s’est déjà associé avec Criteo et Perplexity, qui a lui fait marche arrière sur la publicité.
Il n’empêche : Lemrock annonce équiper une dizaine d’assistants dans le monde (sans communiquer sur leur identité) et être intervenu dans déjà plus de 100 millions d’interactions mensuelles. La plateforme accompagne près de 60 marques actives en Europe et aux Etats-Unis, parmi lesquelles Maisons du Monde, Cdiscount, Darty, DIM, Engie ou encore Lebara.
Toutes ces marques peuvent également profiter d’une brique “intelligence” (qui n’est pas disponible en stand-alone) et qui permet à une marque d’analyse sa présence dans les différents assistants IA.
L’outil identifie notamment les champs sémantiques dans lesquels la marque apparaît, ce qui permet de comprendre dans quels contextes elle est mobilisée par les IA. Ces données permettent d’en tirer de véritables insights sur les thématiques recherchées et sur la manière dont les marques sont associées aux requêtes des utilisateurs.
“Contrairement à la plupart des solutions de GEO existantes, notre audit repose sur de vraies requêtes utilisateurs (celles qui sont réalisées au sein de l’écosystème d’applications partenaires, nldr) et non sur des simulations construites à partir de quelques dizaines de prompts”, précise Roxane Laigle.
Le dispositif fonctionne selon une logique freemium : un premier niveau donne accès aux fonctionnalités essentielles, tandis que des analyses plus poussées peuvent être débloquées via des modules complémentaires.
La levée de fonds doit permettre à Lemrock, qui s’est réinstallé en France après un court exode à San Francisco, de consolider son équipe tech, développer des modèles propriétaires et financer l’ouverture d’un bureau à New York pour s’attaquer aux Etats-Unis pour de bon.